Larissa, technicienne en biologie moléculaire
Département Ecotoxicologie, Microbiologie et Phycotoxines, Nantes
"Grâce au génome d'un virus, on a en quelque sorte sa carte d'identité et on va pouvoir le suivre dans la mer".
- "Au laboratoire, nous cherchons surtout à mettre au point des techniques pour détecter les virus dans l'environnement, et plus particulièrement dans les coquillages, parce qu'ils filtrent de grandes masses d'eau et les concentrent au niveau de leur tube digestif. Pour cela, nous utilisons des technologies de biologie moléculaire, telles que l'amplification génique, qui nous permet de repérer ou non la présence du virus dans l'échantillon."
- "Grâce au génome d'un virus, on a en quelque sorte sa carte d'identité et on va pouvoir le suivre dans la mer."
- "En fait un virus est spécifique d'une espèce et un virus humain a besoin de trouver une cellule humaine pour s'y accrocher et l'affecter. Le coquillage n'est qu'une transition pour lui. Par contre si un être humain mange l'huître, le virus trouve une cellule humaine qu'il peut infecter."
- "Il y a bien sûr un enjeu de santé humaine, mais ce qui nous intéresse, c'est l'aspect environnemental. On suspecte que, lors des épidémies de gastro-entérite, le virus excrété dans les selles arrive dans les stations d'épuration, d'où une partie sera rejetée en mer. Dans le cadre de programmes européens, l'incidence par exemple des UV, de l'ozone, la présence ou non d'un filtre à sable ont été étudiés pour réduire la présence des virus mais il y aurait encore tout un travail de modélisation à réaliser pour préciser l'incidence des vents et des courant sur la diffusion des virus."
- "Dans certains secteurs limités, nous réalisons des prélèvements dans les stations d'épuration et nous comparons les résultats en zones conchylicoles. Nous essayons d'avoir un suivi sur 3 ou 4 ans."
- "Le coquillage est un vecteur des gastro-entérites, mais certains végétaux comme les framboises, les salades, le sont aussi... Il y a deux ou trois ans, je me suis occupée d'un programme européen sur les virus dans les aliments. C''est utile pour comparer nos techniques et nos outils de recherche."
- "Dans le laboratoire, nous sommes 5 personnes. Chacun a sa spécialité et tous les mardis matin il y a une réunion, où l'on fait part de nos problèmes, des difficultés que l'on rencontre, et on met en commun nos travaux à ce moment là."
- "On apprend tous les jours. Le service est en train de développer un nouvel appareil qui ne se contentera plus de détecter la présence d'un virus mais permettra de la quantifier dans un échantillon."
Études :
- Brevet de technicien en laboratoire
- BTS de biochimie en contrat de qualification à l'Ifremer, validé par un BPCT en biologie-biochimie avec le CNAM
- Actuellement en DEST (bac + 4)

