Paul, halieute

Responsable du laboratoire Ressources halieutiques de Boulogne-sur-mer

"Dans l'optique d'une exploitation durable, la ressource n'intervient pas seule : il y a les hommes et les femmes qui travaillent dans ce secteur".

- "En tant que responsable du laboratoire, j'occupe une fonction administrative mais j'ai également une fonction plus opérationnelle en qualité d'expert pour l'évaluation des stocks de poissons exploités en mer du Nord et en Manche orientale. Là, je suis principalement impliqué dans deux groupes de travail internationaux : l'un est axé sur les stocks de mer du Nord, l'autre sur les stocks d'espèces profondes. Chaque participant français ou étranger apporte son jeu de données et tous ensemble nous arrivons à une évaluation de l'état des stocks. Les avis sont ensuite transmis au Conseil International pour l'Exploration de la Mer (CIEM), mais aussi aux pays participant à la pêcherie dans la région considérée."

- "Je participe à des programmes européens, où nous développons de nouvelles méthodes d'évaluation. Je coordonne l'un d'eux. Impliquant neuf instituts, pendant trois ans, il vise à évaluer l'impact des mesures de gestion des pêches sur le comportement des flottilles ainsi que sur l'état de la ressource."

- "Actuellement, chaque stock de poisson est évalué séparément : cabillaud, merlan, églefin... Pourtant ces poissons ne sont pas pêchés séparément. Il y a donc une incohérence dans les avis scientifiques basés sur les stocks. A l'avenir, les méthodes d'évaluation devraient intégrer de plus en plus des considérations environnementales et économiques, car dans l'optique d'une exploitation durable, la ressource n'intervient pas seule : il y a les hommes et les femmes qui travaillent dans ce secteur. En tant qu'halieute, je me situe à l'interface entre la biologie, l'économie, la sociologie."

- "Nous nous orientons vers une approche de plus en plus intégrée, vers des modèles complexes nécessitant des données de plus en plus détaillées. Celles que nous fournissent les pêcheurs ne sont pas toujours fiables, mais nous commençons à disposer de données indépendantes, collectées par des observateurs embarqués contractuellement à bord des bateaux de pêche. Dans 10 ans, ces séries de données permettront d'affiner nos diagnostics."

Études :
  • École Nationale Supérieure d'Agronomie de Rennes (ENSAR) - option halieutique, DEA de biostatistique (Paris VII)
  • Doctorat en Angleterre