Jan, ingénieur en traitement du signal
Direction des navires et engins sous-marins, Toulon
"Avec le Victor nous dépassons la phase d'exploration d'un espace inconnu".
- "Mon métier consiste à réaliser le traitement des donnés acoustiques ou optiques nécessaires à la navigation des engins sous-marins, à des problèmes de cartographie sous-marine ou de traitement d'images sous-marines. Par exemple, le sous-marin Nautile plonge sur le fond, à proximité de balises. On mesure la position des balises et un signal acoustique effectue un aller-retour entre elles et le sous-marin. Cela nous donne la position du sous-marin."
- "J'ai beaucoup travaillé pour le robot télé-opéré Victor 6000, notamment sur le système de navigation embarqué. C'est un système acoustique installé sur le navire pour positionner le véhicule."
- "J'ai contribué aussi à la préparation du module de micro-cartographie embarqué sur le Victor 6000 qui permet de réaliser des cartographies très précises qui complètent les grandes cartographies levées depuis la surface. C'est ainsi, que la cartographie de failles a été réalisée dans la mer de Marmara à la demande de l'Institut de Physique du Globe. Cela a été un moment fort de ma carrière."
- "Les campagnes scientifiques, telle celle sur les coraux des eaux froides au large de l'Irlande, m'ont beaucoup enrichi : on découvre des sites formidables mais aussi on partage avec des biologistes, des géologues... Cette pluridisciplinarité nous aide à mieux comprendre la finalité de notre petit monde technologique."
- "Nous sommes 3 personnes à chaque campagne pour pouvoir mettre en œuvre la cartographie, 24h sur 24, par roulement de 8h. Mais le Victor 6000 nécessite toute une équipe pour sa mise en œuvre ; il y a l'équipe opérationnelle de Genavir qui pilote le robot, et bien sûr une équipe scientifique qui demande et récupère les données. Victor travaille plus efficacement dans des plongées longues de 30 à 60 h et un maximum de 75 h environ C'est un peu différent du travail avec le Nautile où le travail est rythmé par la journée de plongée : on prépare un peu le soir, le matin on met le Nautile à l'eau et le soir on le récupère. Avec le ROV, c'est en continu, 24h sur 24..."
- "Depuis quelques années, on assiste à un changement de technologies. L'intervention sous-marine avec Victor 6000 correspond désormais à une production de données alors qu'avec le Nautile, on était dans la phase d'exploration d'un espace inconnu. Dans les années à venir, une nouvelle ascension technologique devrait avoir lieu avec le développement des engins autonomes, tels les AUV (Autonomous Underwater Vehicle), beaucoup plus spécialisés."
Études :
- École d'ingénieur (Allemagne)
- Doctorat à l'École Normale Supérieure à Cachan (France)

