Pierre-Marie, chimiste

Département Environnement Profond, Brest

"Quand le sous-marin a commencé à descendre, j'ai tout oublié et je suis resté "scotché" au hublot pendant les huit heures que dure la plongée".

- " Il y a 30 ans on ignorait qu'il y avait autant de vie autour des sources hydrothermales et, il y 20 ans encore, sur les marges océaniques. On s'aperçoit qu'il existe des écosystèmes très riches : au début ils ont été décrits, aujourd'hui on essaie de comprendre comment ils fonctionnent, par rapport à des arrivées de fluides ou à des composés qui, en milieu littoral, seraient toxiques pour n'importe qui..."

- "Les questions que l'on se pose en ce moment dans mon département relèvent de la recherche fondamentale. La mise en pratique d'applications ne se fera pas dans les 10 ans à venir. Dans ce département travaille une majorité de biologistes mais depuis quelques années, s'y sont intégrés des physiciens, des chimistes et des techniciens en biologie, en matières organiques, en chimie ou encore en instrumentation. Impossible, donc de parler d'une seule discipline."

- "Prélever les échantillons dans un milieu difficile d'accès nécessite souvent l'utilisation d'engins sous-marins. Ma première plongée avec le Nautile reste un souvenir inoubliable. La nuit d'avant, j'ai eu du mal à dormir. Le matin, j'étais un peu stressé. Et puis, à partir du moment où le sous-marin a commencé à descendre, j'ai tout oublié et je suis resté "scotché" au hublot pendant les huit heures que dure la plongée, comme un gamin qui regarde un dessin animé. J'ai été très impressionné par le ROV Victor 6000. Victor permet d'obtenir énormément de données et peut rester très longtemps sur le fond. Ses capacités de manipulation sont importantes (il peut faire plein de choses comme ramasser des échantillons d'eau ou de roches...) et c'est un instrument de travail très intéressant car toute l'équipe scientifique le suit en permanence."

- " Être chef de mission d'une campagne océanographique a également été pour moi une grande expérience humaine. Une campagne rassemble une vingtaine de scientifiques représentant le fleuron de la recherche européenne sur l'hydrothermalisme. Chef de mission, c'est jouer le grand organisateur avant et pendant la campagne pour que tout le monde travaille dans les meilleures conditions possibles. On n'est plus sur un bateau pendant 3 ou 6 semaines pour faire "sa" manip, mais pour que tout le monde revienne au laboratoire avec suffisamment d'échantillons pour travailler."

Études :
  • DUT de Chimie (IUT de Lyon)
  • Degree en Chimie (Polytechnic Middlebrought, Grande Bretagne)
  • Doctorat en Chimie et Microbiologie de l'eau (Université de Pau)