Didier, chercheur en biologie moléculaire

Unité mixte Ifremer/CNRS/UBO microbiologie des environnements extrêmes

"Notre vision du vivant est encore très incomplète par rapport à tout ce qui se trouve sur terre ou dans les fonds marins".

- "En tant que biologiste, je travaille sur des micro-organismes (bactéries et archéebactéries) prélevées autour des sources d'eaux chaudes qui jaillissent en profondeur le long des dorsales océaniques. Celui qui a la chance de plonger sur ces sites peut voir, dans un chaos de blocs solidifiés et de lacs de lave effondrés, des cheminées qui s'élèvent jusqu'à une dizaine de mètres de hauteur. Un fluide noir en jaillit à une température de plus de 300°.
Le laboratoire a deux missions principales : l'inventaire des micro-organismes qui colonisent ces milieux extrêmes - cela passe par des campagnes en mer sur les sites hydrothermaux pour récupérer les échantillons -, et comprendre les mécanismes moléculaires des archéebactéries."

- "Comment font ces archées pour répliquer leur matériel génétique, leur ADN, dans un tel environnement ? Ma principale activité est de décrire une archée issue de ces milieux extrêmes, Pyroccocus abyssi, afin de déterminer quel est le répertoire des enzymes et des facteurs qui sont impliqués dans le processus de réplication de l'ADN chez cet organisme. Pour démarrer cette approche, il y a déjà 3 ans, son génome complet a été séquencé. C'est un peu comme ce que l'on a fait sur le génome humain, mais à toute petite échelle."

- "Nous avons engagé des collaborations au sein d'un programme européen qui coordonne sept laboratoires sur le sujet. Les autres équipes travaillent non pas sur les archées mais sur les eucaryotes. Notre archée marine pourra sans doute servir de modèle pour compléter les connaissances sur le mécanisme de réplication de l'ADN chez les eucaryotes et, pourquoi pas, permettre de découvrir de nouvelles molécules pharmacologiques. Au plan régional, notre laboratoire est intégré au réseau Ouest Genopole qui regroupe les équipes travaillant dans les domaines de la génomique et de la post-génomique des régions Bretagne et Pays de la Loire."

- "Notre vision du vivant est encore très incomplète par rapport à tout ce qui se trouve sur terre ou dans les fonds marins, et cela est encore plus vrai en microbiologie. Même en ne s'attachant à comprendre qu'une seule espèce, il faut plus d'une génération."

Études :
  • Maîtrise de biochimie (Université de Rennes I)
  • Doctorat (Station de biologie marine de Roscoff, Université de Rennes I)
  • Spécialisation en bio-informatique + post-doc à l'Ifremer