Chantal, physico-chimiste

Au Laboratoire Matériaux et Structures, Direction de la Technologie à Brest

"Une recherche à la fois fondamentale et très pratique puisque nous cherchons des solutions contre les salissures sur les coques des bateaux".

- "Tout objet immergé en milieu marin est rapidement recouvert d'un bio-film. Ensuite, se développent des bactéries, des algues, qui vont constituer un voile biologique sur la surface, une espèce de gel."

- "C'est ce bio-film que nous étudions dans mon laboratoire. Nous essayons de comprendre pourquoi et comment il adhère, sur tout type de matériau utilisable en mer : alliages métalliques, PVC, polymère, résines, gelpro... de façon à y remédier, par un traitement de surface qui ne soit pas nocif pour l'environnement. Un travail de recherche à la fois fondamental et très pratique puisque nous cherchons des solutions contre les salissures sur les coques des bateaux, ou sur les plate-formes offshore."

- "Une nouvelle piste de recherche est d'immobiliser volontairement des molécules sur une surface. Dans ce cas, on cherche à immobiliser l'ADN d'une surface et à utiliser les interactions entre ce brin d'ADN et l'ADN d'une molécule cible testée. Nous essayons, par exemple, de mettre au point des bio-capteurs de détection pour l'environnement marin. C'est une voie que nous développons pour la détection du phytoplancton toxique Alexandrium Minutum."

- "Nous avons beaucoup de collaboration avec des laboratoires extérieurs à l'Ifremer, avec les universités et le CNRS, au sein, à l'heure actuelle, d'un groupe de sept laboratoires. Au sein de l'Ifremer, l'interdisciplinarité dans le cadre du programme bio-capteurs, s'avère également indispensable car nous avons besoin de faire appel à des biologistes."

- "Le fait d'avoir de nombreux partenaires avec qui discuter sur un sujet donné et d'essayer de trouver une explication à une série d'expériences sur un matériau précis, pouvoir en discuter à plusieurs, est motivant. Se retrouver seule devant le microscope, essayer d'analyser, de chercher pourquoi cela marche ou ne marche pas, je trouve cela également passionnant. Il faut trouver un bon équilibre."

- "L'avenir de ma discipline passe par les bio-capteurs qui sont aujourd'hui utilisés surtout dans le milieu médical, mais tout évolue très très vite, autant au niveau développement de nouvelles technologies, qu'au niveau acquisition de compétences et de connaissances."

Études :
  • Doctorat en sciences physiques, option chimie analytique (Université de Strasbourg)
  • Post doctorat au Canada