Nabil, ingénieur en géotechnique

Département Géosciences Marines, Brest

"J'ai pu contempler l'océan par 2 500 mètres de profondeur".

- "J'étudie la stabilité des sols marins afin de comprendre les glissements de terrain au fond des océans. Cela permet de prévoir les raz-de-marée, d'évaluer la bonne tenue d'un sol en vue d'une exploitation pétrolière, ou encore la déformation du terrain en cas de séisme. Je travaille également sur les hydrates de gaz, qui constituent une éventuelle source d'énergie du futur."

- "Étudier la stabilité des pentes implique d'identifier tous les paramètres physiques du sédiment. Pour ce faire, nous combinons les essais en mer in situ avec le travail en laboratoire. Lors des essais in situ, nous utilisons le pénétromètre Penfeld, un engin mis au point à l'Ifremer qui, une fois déposé sur le fond, jusqu'à des profondeurs de 6 000 mètres, permet de caractériser jusqu'à 30 m de sédiments ; grâce à lui, en deux heures, nous rassemblons toutes les données nécessaires."

- "Mes meilleurs souvenirs sont les campagnes à la mer, notamment la campagne Zairov, au cours de laquelle j'ai pu contempler l'océan par 2 500 mètres de profondeur grâce aux images transmises par le ROV Victor 6000. J'apprécie également de travailler avec des chercheurs qui ont une approche différente de celle d'un géotechnicien ou d'un ingénieur."

- "Nous commençons aussi à avoir des contacts avec des physiciens car la circulation profonde et les courants marins peuvent avoir des effets directs sur la stabilité des pentes. Ces courants sont aussi susceptibles de provoquer des variations de température : une augmentation de 0,5 à 1 degré peut déstabiliser les hydrates de gaz et induire des glissements de sol."

- "Nous entretenons aussi des échanges avec les biologistes de l'environnement profond, dans le cadre d'un programme sur les marges : la présence de méthane implique sur ces zones aussi celle d'hydrate de gaz, qui, à son tour, suppose la présence de bactéries et de biodiversité."

- "Pour avoir travaillé dans l'industrie, je préfère nettement le travail de recherche dans un institut comme l'Ifremer car je trouve que j'ai plus de temps pour atteindre les objectifs de la recherche."

Études :
  • École d'ingénieur civil
  • Doctorat en géotechnique (École des Ponts, Paris)