Contexte

Si les grands navigateurs et conquérants ont permis de connaître précisément l'étendue des océans, leur conquête est cependant loin d'être achevée. Car à la connaissance de leur superficie doit succéder celle de leur fonctionnement et celui de la vie qu'ils abritent. Explorer le milieu marin de la côte au large, de la surface au plancher océanique, afin de l'exploiter selon les règles du développement durable, c'est là tout l'enjeu des sciences marines.

Or, la mer s'avère parfois difficile d'accès, et ne peut être explorée, découverte et surveillée que par des infrastructures de recherche adaptées. La mer se caractérise par une physique particulière et un fort hydrodynamisme, qui contrôlent ses cycles chimiques, biogéochimiques et biologiques. Sa dynamique la révèle complexe, hétérogène, profonde, stratifiée mais également en perpétuel mouvement, à tel point que des stratégies d'échantillonnage adaptées sont nécessaires afin de représenter une réalité non biaisée.

Elle constitue un milieu géologique unique, dont les dorsales actives sont à la base de la formation géologique des continents. Ses écosystèmes profonds sont à l'origine de la vie en mer et sur terre. Les innombrables espèces qu'elle abrite sont particulièrement délicates à étudier, en raison de leurs dynamiques et de leurs comportements migratoires, dans l'espace comme dans le temps. Le milieu marin requiert ainsi d'être étudié à toutes les échelles, du local au planétaire, dans le cadre d'une approche globale pluridisciplinaire afin de combler le déficit de connaissances accumulé par rapport aux milieux terrestres.

À l'échelle internationale comme européenne, l'océan est au centre de toutes les attentions, dans le cadre de nombreux domaines de recherche. Parmi eux : les prédictions du changement climatique et de ses impacts, l'océanographie opérationnelle, l'observation et la surveillance opérationnelle des écosystèmes, les espèces invasives, les impacts anthropiques conjugués dans la zone côtière, les outils de planification spatiale pour la gestion, notamment du plateau continental et des aires marines protégées, et le développement d'indicateurs, de méthodes et de modèles pour assurer des avis intégrés de haute qualité.

Ces réalités sont aujourd'hui autant de défis que les hommes du XXIe siècle vont devoir surmonter s'ils veulent favoriser la voie du progrès, dont les promesses et les aboutissements renvoient globalement à la notion de "qualité de vie".

C'est pour répondre à ces défis que l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, a conçu son plan stratégique "Contribution à une stratégie nationale de recherche en sciences marines à l'horizon 2020". L'Ifremer est l'un des établissements de recherche marine le plus intégré au monde dont la gamme de compétences est la plus étendue. Les technologies sous-marines, la biodiversité, l'halieutique et l'aquaculture, l'environnement littoral, les ressources minérales, les biotechnologies, l'océanographie opérationnelle, comptent parmi ses missions de recherche et ses domaines de compétence et d'excellence.